,         Bien au chaud, près du poêle qui ronfle alors que tout semble dormir dans le monastère, la tempête n’a guère de répit depuis quelques jours, souvent accompagnée par la pluie.

Cette tempête, qui semble faire partie intégrante du paysage sur ce plateau, a fait quelques dégats ces jours derniers.Quelques arbres du parc sont tombés, dont un sur la route, ce qui a mobilisé les forces vives de la maison. Les trombes d’eau récentes ont litéralement creusé des tranchées dans les champs en pente et entrainé des coulées de boue sur la route. Les coupures d’électricité sont fréquentes, et aussi celles d’internet, mais ici la patience est de mise.

   Nous découvrons progressivement les changements intervenus depuis notre séjour de 2024 : 

Beaucoup de pommiers malades ont été arrachés, quelques autres ont été plantés, la place libérée doit servir à implanter des graminées dont le foin sera vendu, ou d’autres cultures encore à choisir.

.  Grace à la cession de matériel d’un voisin, un élevage de lapins occupe maintenant l’ancienne étable, près des moutons désormais confiés à Samir.

La grange derrière la chapelle est devenue sacristie et local de rangement, la grande terrasse sur le cloitre a été refaite. La grande salle à manger des moines restaurée remplace désormais l’ancien local communautaire devenu trop exigu avec l’augmentation des permanents.

   En contrebas du monastère, un mur de pierres sèches fait progressivement place à un éboulis pour retenir la terre des jardins en terrasse.

Des dons et aides venus du monde entier permettent d’entreprendre de nouvelles tranches de travaux qui contribuent à faire de ce lieu un centre d’accueil de plus en plus attrayant où se pressent chaque jour des dizaines de visiteurs. Lesquels visiteurs peuvent désormais bénéficier d’un montage vidéo en arabe retraçant l’histoire du lieu avant de démarrer la visite – merci Clémence pour cette belle innovation qui compense nos difficultés linguistiques –

  Notre chambre, celle qu’on appelait la chambre de l’évèque avec sa vue panoramique, n’échappe pas à cette restauration, notre fenètre s’ouvre sur un vrai tableau de peintre où les couleurs varient continuellement suivant le soleil.

  Si tous ces aménagements rendent la vie plus facile ici, ils contribuent à ce climat de paix et de prière propre à ce lieu. Car comme me le faisait remarquer Félicité devant mes impatiences  bricolages:  » tu sais, Ici, l’essentiel, c’est la prière » . Cette prière qui fait partie intégrante de la vie communautaire et qui nous rassemble trois fois par jour, dont une première à 7 heures le matin.Grâce à ces temps, au delà des 1300 km qui nous séparent, nous portons ceux que nous avons laissés en Loir et Cher, particulièrement ceux qui nous ont confié ou dont nous connaissons les difficultés.

   Ainsi va la vie à quelques jours de l’ouverture du ramadan, comme un peu partout dans le monde, l’eau devient de plus en plus rare, et sa distribution au village par le monastère est maintenant règlementée par un programateur au grand regret des bénéficiaires.

  La cloche va bientôt appeler à la messe, j’arrête pour ce matin, sachez que  nous sommes désormais bien installés ici et pensons à vous tous qui ne connaissez pas c e lieu désormais familier;