.    Depuis 2 jours, un bruit de pelleteuse nous parvient derrière la clôture, partout des tranchées, des tuyaux. Si quelques maisons profitent des installations du monastère, la plupart des habitations de ce village très pauvre doivent se contenter d’une citerne sur le toit, ravitaillée par camion, et viennent chercher l’eau potable à la  source près du monastère dans des bidons de 5 litres. Un chateau d’eau vient d’être construit et laisse espèrer l’adduction d’eau pour tous dans un avenir proche. Oui, ce qui frappe en découvrant Tibhirine, c’est la pauvreté des lieux, beaucoup de constructions restent inachevées en l’attente de moyens financiers. Un service de ramassage de poubelles essaie de réduire les détritus de toutes sortes éparpillés, mais  les roulettes des conteneurs sont récupérées par les  enfants pour  faire des chariots. Ainsi vit -on dans ce village où s’agglutinent près de 900 habitants de situation précaire: , peu de travail à proximité, peu  de moyens de déplacement.     Pourtant, l’accueil est partout chaleureux, chaque piéton rencontré nous aborde et nous salue. Chaque matin ,de notre fenètre, nous admirons les bandes d’enfants aux vêtements multicolores qui déambulent bruyamment vers l’école du village